Samedi 14 juin 2010 - 14h50
_Le paysage défilait devant mes yeux. Un champ, un simple champ de verdure, de fleurs, toutes aussi singulières les unes des autres. Du rouge, du bleu, du vert, du jaune, du violet, du rose... Toutes les nuances de couleurs possibles. Cela faisait longtemps... Très longtemps que je n'étais pas venue ici. Tous mes souvenirs d'enfance se réduisent au plaisir que j'éprouvais à cueillir certaines de ces fleurs, en faire un couronne, et jouer à la princesse bohème. Le fleuve de la Riveroad était déjà visible au loin. Nous arriverons bientôt.
_Je restai silencieuse. Ma sœur avait allumé la radio de la voiture. Une chaîne d'info locale. Non, pitié, merci de m'avoir gâché ce moment de rêverie. Mon frère qui était assis devant, côté passager, appuya aussitôt sur le bouton CD. Puis, les premières mélodies de la chanson d'Eric Hutchinson, Watching you Watch him, résonna dans toute la voiture. Les fenêtres étaient ouvertes et laissaient passer l'air d'un mois de juin tempéré dans la voiture. Un sourire se dessina sur mes lèvres, sur nos lèvres. Nous étions heureux, heureux de retrouver Riveroad.
15h13
_Devant la maison de Mamita, il y avait toujours ce panneau 'Aloha'. Nous étions arrivés à destination. Tyler s'occupa de décharger le coffre. Ma sœur et moi l'aidions, prenant chacune nos valises. La mienne était la plus lourde, peut-être avais-je exagéré ? Je n'aurai pas du prendre autant de choses... Pourtant, c'était le simple nécessaire. Je pense que j'en avais besoin, pour ne pas me sentir étrange, et essayer de me sentir le plus confortable qui soit. Cela ne suffisait visiblement pas. Car une fois que j'empoignai ma valise d'une main, et que de l'autre pendouillait mon gilet blanc à mon bras, mon cœur accéléra sans prévenir. Des palpitations. Boom. Boom. Boom. Toute l'excitation de tout à l'heure, à l'idée de retrouver Riveroad, disparu d'un coup. Et revoir Mamita allait signifier une chose : jamais rien ne sera plus comme avant. Depuis l'incident, nous n'avions plus rien, que la valise de nos vacances. Nous devions partir à Paris, cela aurait été la première fois pour moi...
_Nous étions arrivés à destination. A Riveroad, que nous n'avions pas revu depuis des années. Cette atmosphère m'avait manqué, mais j'avais peur, très peur que le vide de ces dernières semaines serait plus présent que jamais. Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Un bref instant, j'eus l'idée de lâcher ma valise, défaire les lacets de mes converses, et de courir, partir, loin. M'enfuir. Et ne jamais me retourner. Mais ça, ça n'arrive que dans les films.
_Nous étions arrivés à destination. A Riveroad, que nous n'avions pas revu depuis des années. Cette atmosphère m'avait manqué, mais j'avais peur, très peur que le vide de ces dernières semaines serait plus présent que jamais. Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Un bref instant, j'eus l'idée de lâcher ma valise, défaire les lacets de mes converses, et de courir, partir, loin. M'enfuir. Et ne jamais me retourner. Mais ça, ça n'arrive que dans les films.

